Collectionnisme |
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TIRÉ À PART BULLETIN DU CERCLE D’ÉTUDES NUMISMATIQUES
Volume 48 – N°1 – JANVIER-AVRIL 2011
BRUXELLES
e lair p xemuteur e a d’
C.E.N.
BULLETIN
« EUROPEAN CENTRE FOR NUMISMATIC STUDIE S » « CENTRE EUROPÉEN D’ÉTUDE S NUMISMATIQUE S »
VOLUME 48 N° 1 JANVIER – AVRIL 2011 professionmédicale:àpartirdufameux Vaillant, pour en arriver à Patin et à Spon[2]. AprèsEckheletSestini,dontlapersonnalité se révèle de plus en plus importante pour nos études, commence à se dessiner la figure du savant qui – tout enétantdépourvud’unecollectionpropre – parvient à formuler des propositions pour l’interprétation et l’attributiondemonnaiesens’appuyantsurdes collections d’institutions publiques ou de celles d’autres collectionneurs. Toutefois,danslepanoramaeuropéendela recherchescientifiquesurlemonnayage grec, une telle figure demeurera tout à fait marginale pendant tout le xixème siècle.Eneffet,nousenregistrons,àcetteépoque,encoreunbonnombred’ouvrages fondamentaux pour notre discipline qui sont l’émanation de collectionneursérudits,telsBartolomeoBorghesi,CelestinoCavedoni [3]etG.Dattari.Onpeutmentionnerencoreàtitre d’exemple l’ouvrage de Carelli (1850) publié par Cavedoni, sans négliger par ailleurs toute la série de savants «locaux», surtout italiens, qui ont publié les monnaies issues des ateliers monétaires de leurs régions. On peut citer à ________
L. Rebaudo, L’influenza della medicina anticasullostudiodell’antichitàclassicafraxvi e xvii secolo, dans A. Marcone (éd.), Medicina e società nel mondo antico. Atti del convegno di Udine (4-5 ottobre 2005), Florence, 2006,pp.251-265. [3] Monete grechee romane, R. Ratto, Milan, 27avril1911.
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Giovanni GORINI ‒ Collectionnisme de monnaies grecques et recherche scientifique* lestnotoirequelasciencenumismatiquedoitbeaucoupàlapassion d’amateurs érudits, car elle s’est développéesurlabasedescollectionsde monnaiesetmédaillesantiquesréalisées par ceux-ci, à partir des premières indicationscontenuesdanslesœuvresde Pétrarque (xivème siècle) jusqu’aux recherches actuelles. Cette composante a constitué la toile de fond de toutes les études numismatiques dans les siècles passés jusqu’au xviiième, lorsqu’on a commencé à publier les catalogues des collections de monnaies grecques et romaines appartenant à des seigneurs, nobles, papes, cardinaux, professeurs d’universitéetc. [1]Ilseraitd’ailleursintéressantd’approfondirlarelationentre la profession de ces amateurs et la numismatique ; des étudesen ce sensont déjàétéeffectuéesencequiconcernela
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* Cetexteestuneversionaménagéedurapport présenté à Bari le 12 novembre 2010 devantle3èmeCongrèsNationaldeNumismatique. Je remercie Gaetano Testa qui m’a proposécettecollaborationaveclebcen,enassumantenoutrelesoindelatraductiondutexte originalitalien. [1] G.Gorini,ArtzundNumismatikerCharles Patin in Padua, dans P. Berghaus (éd.), Numismatische Literatur 1500-1864. Die Entwicklung der Methoden einer Wissenscha, Wiesbaden 1995, pp. 39-46 ; M. Callegari, G. Gorini & V. Mancini, Charles Patin. La collezionenumismatica,laraccoltaartistica,la biblioteca,Padoue,2008.
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ce propos Olivieri [4], mais il y en a beaucoup d’autres qui se sont penchés sur les ateliers italiques etétrusques de l’Italiecentraleainsiquesurceux,nombreux,del’Italieméridionale.Cesouvragesnesontpastoujoursprécis,maisils revêtent tout de même une utilité certaine. Le collectionnisme de monnaies de la Grèce antique présente donc des racines profondes dans le monde culturel européen et spécialement italien. Jusqu’au xixème siècle, ce phénomène se concentresurtoutauSud,enSicileetà Naples,oùl’onconstituadescollections renommées qui ne manquèrent pas d’attirer des voyageurs érudits – allemands,britanniques,françaisetscandinaves – dans leur «tour d’Italie» destiné à compléter leur éducation culturelle. Souvent ces derniers faisaient l’acquisition de collections pour le comptedemédaillersencoursdeconstitution dans leurs pays. Par ailleurs, dans ces initiatives à cheval sur les xviiièmeetxixèmesiècles,lephénomène de la franc-maçonnerie ne semble pas toutàfaitétranger,carilétablit–commenouslesavonsàpartirdessouvenirs du Danois Münter et de Goethe lui même – un imperceptible «fil rouge» de liaisons entre personnes, qui autrement ne se connaîtraient pas, au nom de leur appartenance commune à la sociétésecrète[5]. Le collectionnisme numismatique s’insèreenoutre danslemonde plus vaste des amateurs d’antiquités en général, dontl’histoirevientdetrèsloin,prenant sonpointdedépartdéjàdansl’Antiquité classique elle-même et, en passant par ________
G.Gorini,L’Olivierinumismatico,Studia Oliveriana15-16(1995-96),pp.215-252. [5] G. Gorini, Frederik Münter, Danish numismatist:newdocuments,dansScriptavaria numismatico Tuukka Talvio sexagenario dedicata,Helsinki,2008.
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le Moyen Âge et la Renaissance, parvient jusqu’à nos jours [6]. La diffusion de ce phénomène confirme l’existence de larges connaissances, sur lesquelles s’est ensuite greffée la prise de conscience de la possibilité de tirer profit d’unbienqui,aufildessiècles,aacquis unevaleurhistoriqueetartistique.Ainsi,aucoursdesdeuxdernierssiècles,ce phénomène a pris aussi un caractère économique, marqué par l’épanouissementducommercedumatérielnumismatique antique et le déroulement de nombreusesventespubliques[7].Àtitre indicatif, on pourrait se limiter à citer seulement certaines des ventes parmi les plus significatives : Windisch-Grätz [8],Evans(1933)[9],Löbbecke(1906)[10], Prowe [11] et Strozzi (1907) [12]. Mais il est évident que ces deux aspects, connaissance et profit, ne peuvent se concrétiserqu’àtraversunclassementprécisetscientifiquequi,ensituantl’objet ________
[6] Sur l’histoire du collectionnisme jusqu’au xixème siècle il est particulièrement utile de consulter E. Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines, première partie, éorie etdoctrine,T.I,Paris1901,coll.326-350;J-B. Giard, L’évolution de la numismatique antique au xixème siècle, snr 65 (1986), pp. 167174. [7] Il serait trop encombrant et peu utile d’établir dans cet article la longue liste des ventes publiques de monnaies grecques ayant eulieuaucoursdesdeuxdernierssiècles.Cfr. J. Spring, Ancient Coins Auction Catalogues 1880-1980,Londres,2009. [8] Sammlung griechischer und römischer Münzen,J.ScholzetO.Voetter,Prague,1899, etVienne,1903. [9] Griechische und Römische Münzen, A. Cahn,Frankfurt/Main,27février1933. [10] J.Hirsch,München,28mai1906. [11] Sammlung griechischer, römischer und byzantinischerMünzen,BrüderEgger,Wien,28 novembre1904. [12] J. Spring, Ancient Coins Auction Catalogues 1880-1980, Londres, 2009; Coll. Strozzi, Médaillesgrecquesetromaines,parlessoinsde ArthurSambon,GalleriaSangiorgi,Roma1522avril1907.Voiraussisnr89(2010),p.279 (Walker).
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– dans ce cas les monnaies – dans leur contexte historique et chronologique, contribueà mieuxconnaîtrela matrice culturelle et économique qui a présidé, àunmomentdonnédel’Histoire,àleur frappeoufusionnonseulemententant qu’objet de valeur, mais aussi en tant qu’émanation d’une autorité étatique qui en autorisait la production. C’est justement le cas du monnayage grec dontlechoixdesimagesetdeslégendes était fondamentalement dicté par les autorités de la poleis, ou plus précisément par leurs conseillers, dans l’optique d’en faire un instrument permettant d’affirmer leur prestige ou pour le financement de dépenses publiques. À l’époqueromaineégalement,etsurtout danslespremierssièclesdel’Empire,le monnayageconstitueuninstrumentde propagandedelafiguredel’empereurà travers l’illustration des grands axes de son action politique et de ses réalisations.
monetanellaSiciliagreca,Roma,1938;“Intermezzo”. Nuovi studi archeologici su le monete greche de la Sicilia, Rome, 1939; Monete grechedellaSicilia,2vol.,Rome,1946.Peut-être on peut y voir aussi l’influence de H. Focillon, Vie des formes : suivie de l’éloge de la main,Paris,1939. BCENvol.48n°1,2011
reusement traduite par l’interruption delabelletraditionpositivistequi,dans le passé, avait contribué à l’enregistrement des trouvailles monétaires. Pour les régions du Centre et du Nord de l’Italie, on peut citer la personnalité centrale de Paolo Orsi de Rovereto [14], alors qu’en Italie méridionale, l’intérêt pourlabeautédesmonnaiesetlabonne conservation des pièces s’est traduit dans les faits par la dispersion d’un énormepatrimoinenumismatiquequia pris la voie de l’étranger, malheureusement sans qu’il y ait indication des provenances et notation des contextes. Àcetteépoque,onaprivilégiéuneattitude entourant d’un amour stérile la pièce isolée, sans tenir compte desréalités que le contexte des trouvailles ou des fouilles aurait pu mettre en évidence, plutôt qu’une approche historiquepotentiellementutilepourparvenir à la pleine compréhension de la valeur etdelasignificationdelamonnaie.Par conséquent, ce patrimoine revêt mainAuxxèmesiècle,leclimatculturelenre- tenant peu d’utilité pour toute rechergistre une innovation presque partout che historique sérieuse. À l’étranger, en Europe : on assiste dans la société à sauf dans le cas de dépôts monétaires une dérive esthétisante, en vertu de emportés frauduleusement des régions laquelle la numismatique grecque est méditerranéennes, la situation se préconsidérée essentiellement comme un sentaitd’unemanièredifférentedansla élément de l’histoire de l’art ancien. mesure où les monnaies y sont parveUntémoignagesignificatifdecetteten- nues par la voie du commerce et donc dance est constitué, en Italie, notam- déjàdissociéesducontextedeladécoumentparlesvolumesdeVittorioEma- verte. nueleRizzo,oùcetauteuressaiedereconstruire l’activité des maîtres gra- Un tournant s’est seulement produit veurs en se basant sur une vision sub- dansladeuxièmemoitiéduxxèmesiècle jective des formes etdes styles [13]. Une etplusprécisémentdanslesannées70. telle approche dans les études s’est af- C’est à ce moment que s’affirme grafirméesurtoutdanslapériodeentreles duellementlatendanceselonlaquellele deuxguerresmondialesets’estmalheu- collectionnisme d’objets artistiques et enparticulierdemonnaiesetmédailles ________ n’estplusliéàuneexigencedemanifes[13] G.E.Rizzo,Saggipreliminarisull’artedella tationdepouvoir,soit-illaïqueoureli________
G.Gorini,L’attivitànumismaticadiPaolo Orsi, dans B. Maurina et E. Sorge, Orsi, Halbher, Gerola. L’archeologia italiana nel Mediterraneo,Rovereto,2010,p.121-136.
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gieux,maisdevientdeplusenplusl’expression de l’état social atteint par la nouvelle bourgeoisie, qui – constituée essentiellementpardesentrepreneurs– se juxtapose désormais à la noblesse, surtout rurale, qui dominait la société européenneauxixèmesiècle.Cetteévolution permet d’expliquer l’intérêt et le goût d’une couche grandissante de la population, mais moins cultivée, pour les monnaies liées à des événements récents ou d’actualité, à côté de la redécouvertedesréalitéshistoriquesliées au monnayage grec surtout dans les régionsduSud,etaumonnayageceltiquedanslespaysquiontconnul’essor de cette civilisation, comme l’Angleterre, la France, la Belgique, l’Allemagne méridionale, l’Autriche et Italie septentrionale [15].Cetypedecollection –relativementfacileàréaliserenraison delagrandequantitédematérieldisponibleenprovenancedefouillesclandestinesetensuitemisesurlemarchésous lesyeuxinattentifs(aumoinsenItalie) des organes préposés à la tutelle du patrimoinearchéologique–n’estcependantpasbonmarchéet,pourcetteraisonjustement,devientunstatussymbol de la classe bourgeoise émergente. On assiste ainsi à la formation, déjà au xixème et encore davantage au xxème siècle, de nombreuses collections privées de citoyens nantis, pas nécessairementnoblesouissusdegrandesfamilles ni obligatoirement inspirés par des intérêts scientifiques, mais conquis par la beauté d’une pièce en bon état de conservation et aussi par la perspective d’un bon investissement. À cette époque la quantité de matériel disponible s’accroît proportionnellement au développement des travaux pour des infra________
[15] À ce propos on peut penser plus particulièrementàdespersonnalitéscomme,pourla France,J.-B.ColbertdeBeaulieu,Traitéde numismatiqueceltique,I.Lanumismatiquedes ensembles,Paris,1973et,pourl’Italie,A.Pautasso,Lemonetepreromanedell’ItaliaSettentrionale,Varese,1966.
structurespubliquesetpourdesétablissements urbains et commerciaux dans les pays méditerranéens, travaux qui laissent revenir à la surface de nombreux dépôts et trésors monétaires.Diviséenparcellespourmieuxenassurer l’écoulement sur le marché des antiquaires, ce patrimoine archéologique a étéainsisoustraitauxeffortsdessavants qui, à travers la connaissance du contexte des trouvailles et des associations stratigraphiques, essaient de faire progresserlarechercheetlareconstruction historique.Àlamortducollectionneur, lesensemblesréalisésfurentparfoisinsérésdansdescollectionspubliques;tel aétélecasdelacollectiondubaronLuciendeHirsch,léguéeàlaBibliothèque Royale de Belgique en 1898, ou, à peu prèsàlamêmeépoque,celleducomte Albéric du Chastel [16]. C’est également le cas de la collection de Santangelo donnée au Musée Archéologique de Naples[17],sansdevoircitertoutescelles parvenues au Cabinet des Médailles de ParisouauBritishMuseumdeLondres, et bien d’autres qui, au xixème siècle, ont constitué le noyau des collections numismatiques publiques de plusieurs grandsmuséeseuropéens. La formation d’une collection devient aussi, au fil du temps, le témoignage d’une identité étatique ou civique qui caractérise la société du xixème siècle. En Sicile, en Grèce et en Turquie, par exemple,surtoutauxxèmesiècle,àcôté de collections très renommées comme ________
P.Naster,LacollectionLuciendeHirsch, catalogue des monnaies grecques, Bruxelles, 1959;F.deCallataÿ&J.vanHeesch,Greek and Roman Coins from the du Chastel Collection. Coin Cabinet of the Royal Library of Belgium,Londres,1999. [17] G.Fiorelli,CatalogodelMuseonazionale diNapoli.CollezioneSantangelo,Naples,186667;T.Giove,IlmedagliereSantangelo,dans R.Cantilena,T.Giove,MuseoArcheologico Nazionaledi Napoli.Lacollezionenumismatica.PerunastoriamonetariadelMezzogiorno, Napoli,2001. BCENvol.48n°1,2011
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celle de Pennisi [18], s’est développé un phénomène assez intensif de drainage de monnaies dans le territoire proche de la résidence du collectionneur. Cela apermisdedévelopperplusieursétudes sur l’attribution d’une émission particulièreàunatelierdonné,étudesquise révèlent aujourd’hui précieuses pour la connaissance de l’activité des ateliers monétaires concernés. À l’intérieur de ceschémasesituentaussilagenèseetle processus de formation de nombreuses autres collections de monnaies grecques, grâce auxquelles nous parvenons aujourd’hui à dresser un premier bilan des problèmes qui sous-tendent cet aspect particulier de la science numismatique en relation surtout avec la recherche scientifique [19]. En effet, on est bien conscient de combien les étudesdenumismatiquegrecqueetromaineontété,danslepassé–et,enpartie, lesontencoredenosjours–dépendantesdel’apportirremplaçabledescollectionneurs.Cetterelationquiaétéextrêmementfructueuse parle passé, a toutefois influencé lourdement la recherche.Parexemple,lesfractionsdivisionnaires d’argent, négligées dans les collections, l’ont été aussi dans les études. Ainsi,les fractions d’argent n’apparaissent pas dans les premières sylloges de monnaies grecques Spencer-Churchill (1931), Newnham Davis (1936), Lloyd (1933-37),Lockett (1938-49)etc., mais ont été prises en considération seulement récemment suite aux études de BérendetdeKim.Cecivautaussipour les monnaies en bronze, dont les an________
P. Tranchina, Collezione Pennisi, dans SoprintendenzaaiBeniCulturalieAmbientali dellaSiciliaOrientale,aiin37(1990),p.326. [19] O. Mørkholm, A history of the study of Greeknumismatics.i.c.1760-1835.efoundations,ii.c.1835-1870,NordiskNumismatisk Årsskri 1979-80, pp. 5-21 ; iii. c.1870-1940, nnå1982,pp.7-26;G.Gorini,eStudyof Greek Numismatics during the 18th Century in Italy, dans Numismatik und Geldgeschichte im Zeitalter der Aulärung, Dresden 4-9 mai 2009(àparaître).
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ciens catalogues de ventes ne fournissaient pas de photo ni d’indication de poids.Parcontre,cesontjustementces piècesquiconstituentlamajeurepartie destrouvailles–commelesignalentles rapports de fouille de nombreux sites de la région méditerranéenne [20] – et parconséquentcontribuentàunemeilleure définition des contextes historiques et économiques d’un monnayage donné. Ainsi, avec les fractions d’argent, on a perdu aussi la documentation d’une articulation du numéraire archaïque et classique plus ample que celle résultant des collections. Aujourd’hui,onaainsimisdecôtélesdiverses «théories» qui se fondaient précisémentsurlasuppositionerronéequeles ateliers monétaires archaïques auraient émisseulementdespiècesàfortevaleur intrinsèqueaudétrimentdunuméraire fractionnaire. Cette approche des collectionneurs qui privilégiait les monnaies en fonction de leur poids et de leur diamètre, a eu des répercussions analoguespourcequiestdesmonnaies romaines impériales des ivème et v ème siècles après J.-C. qui ont été négligées par les collectionneurs et, de ce fait, l’ont été aussi dans les études scientifiquesjusqu’ilyaquelquesdécennies.En effet, pour ce qui est de la Grèce antique,outrelesémissionsd’or(quin’existentpratiquementpasavantPhilippeii de Macédoine), les collectionneurs ont toujours marqué une nette préférence pour les grosses pièces en argent, alors que pour le monde romain, ils ont recherchélesmonnaiesenbronze,impérialesouprovinciales,demodulelarge, outrebienentendulespiècesenoreten argent. Cet état de fait – confirmé par de nombreux catalogues de collections ________
J.H. Kroll, e Athenian Agora, Volume xxvi.eGreekCoins,Princeton,1993;F.de Callataÿ,Greekcoinsfromarchaeologicalexcavations:aconspectusofconspectusesanda callforchronologicaltables,dansAgoranomia. Studies in money and exchange presented to JohnH.Kroll,NewYork,2006,pp.177-200.
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de monnaies dont on dispose depuis 1600 [21] – a influencé beaucoup de travauxconsacrésnotammentàlareconstructiondel’activitédecertainsateliers, desortequelesfractionsd’argentetles pièces en bronze ont été reléguées aux toutesdernièrespagesdecesouvrages, ou ont été même totalement négligées. Unexemplesignificatifdecedésintérêt se retrouve dans les ouvrages de Noe surMétaponte[22]ouCaulonia[23]. Depuislors,danslepanoramadelabibliographie historique, on n’enregistre pasdemodificationsfondamentalespour ce quiest de la recherche sur lecollectionnisme numismatique. En effet, si pour les périodes antérieures à 1800 et surtout pour les xvii ème et xviii ème siècles,ondisposedecontributionsisoléesdansdesmiscellanéesetaussidans des ouvrages de large envergure, plus tard–entrelafinduxixèmeetlexxème – ces contributions se retrouvent dispersées dans des ouvrages non homogènes,etleurapportdevientplusexigu etcentrésurdesaspectsspécifiques. À l’exception des pages désormais vétustesdeBabelonquiremontentà1900 [24]etaussidurépertoireplusrécentde Spring [25] qui est en réalité de nature ________
[21] G.Gorini,Publicationsonancientnumismatics in the Republic of Venice in the 17th century, in C. Dekesel & T. Stäckers (éd.), Europäische numismatische Literatur im 17. Jahrhundert, Wiesbaden, 2005, pp. 327-340 ; id., e study of Greek numismatics, op. cit. ; id., Lo statuario pubblico : il collezionismo numismatico, in I. Favaretto & G.L. Ravagnan(éd.),LostatuariopubblicodellaSerenissima. Due secoli di collezionismo di antichità1596-1797,Venise,1997,pp.132-135. [22] S.P. Noe, e coinage of Metapontum, 2 parts,NewYork,1927et1931. [23] S.P. Noe, e coinage of Caulonia, New York,1958. [24] E.Babelon,Traitédesmonnaiesgrecques etromaines,op.cit.(note6). [25] J. Spring, Ancient Coins Auction Catalogues1880-1980,Londres,2009.
descriptive, surtout pour les périodes lesplusrécentes,lesrecherchessurbase de collections numismatiques grecques sontennombreréduitetselimitenttrès souventàl’exposéintroductifd’uncataloguedeventesansaucunessaidesynthèse, de définition d’une quelconque problématiqueetsansaucuneréflexion critique sur leur valeur et sur leur importancepourleprogrèsdelarecherche numismatiquerelativeaumondegrec. Dansl’attented’unexamenplusapprofondi et plus systématique des problèmes sous-jacents à cet aspect de l’histoire culturelle des études numismatiques, je voudrais aborder maintenant l’aspectdesrelationsentrelecollectionnisme de monnaies grecques et la recherche scientifique au cours des deux derniers siècles, et faire des considérationssurbasedesconnaissancesactuelles.Eneffet,cetterelation,indissoluble jusqu’à la fin des années 50 du xxème siècle,constitueunautrechapitreintéressantdel’histoireducollectionnisme. On peut rappeler les figures d’ImhoofBlumer (1838-1920) pour les monnaies grecques en général, et dont la collection de moulages est conservée au muséedeWinterthur,deRavelpourles monnaies de Corinthe [26] ou de Vlasto [27] et d’Evans pour les monnaies de Tarente [28], ainsi que celles des autres collectionneurs dont les ensembles ont fait l’objet de fascicules de la sng des années’30jusqu’àcejour.Parlepassé, un collectionneur devenait également, au fil du temps, un érudit qui étudiait en profondeur les séries d’objets de sa collection,l’époqueoularégiondontil ________
O.Ravel,Les‘Poulains’deCorinthe,2vol., BâleetLondres,1936-1948. [27] O.Ravel,DescriptivecatalogueofthecollectionofTarentinecoinsformedbyM.P.Vlasto,Londres,1947;M.P.Vlasto.TarasOikistes: A contribution to Tarentine numismatics, NewYork,1922. [28] A.J. Evans, e ‘horsemen’ of Tarentum, nc,1890-1891.
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possédaitdesmonnaies.Quel’onpense à la vaste bibliographie de ceux qui se sont penchés sur le monnayage de la Sicile antique, tels que Castelli (1781), Landolina-Paternò, Lagumina, Torremuzza et d’autres jusqu’à Minì [29]. À partirdesannées’50duxxèmesiècleet au moins en Italie, cette relation assez féconde s’achemine vers une phase de stérilité. Malgré cela, la recherche numismatique peut encore mettre en avant, pourle monderomain, des personnalitéscommeO.UlrichBansa[30]et E. Bernareggi [31], dernière figure de proue du passage du collectionnisme à l’université.Danslemêmesillon,ilfaut rappeler P. Bastien ou E. Levante, en France, et, en Allemagne, Fr. BodenstedtetH.vonAulock. Nous avons eu récemment, surtout en Suisse,desfiguresdecommerçantsqui étaient aussi des savants renommés en numismatiquegrecque:HerbertCahn, professeur à Heidelberg [32], Leo Mildenberg et Silvia Hurter, récemment disparue, commerçante et autodidacte, qui nous a laissé une série de travaux précieux pour nos études, parmi lesquels la récente monographie sur le monnayagedeSégeste[33]. ________
[29] A. Minì, Monete di bronzo della Sicilia antica, Novara, 1977 ; id., Monete antiche di bronzodellazeccadiSiracusa,Palerme,1979. [30] G. Gorini, Oscar Ulrich Bansa collezionistaestudioso,inIdirettoridellaRivistaItaliana di Numismatica, convegno Milano 27 maggio2011(souspresse). [31] G.Gorini,ErnestoBernareggi(1917-84), rin86(1984),pp.233-238;Compte-Rendu31 (1984),pp.23-24parlessoinsdeH.Cahn. [32] S. Mani Hurter & M. Peter, Zum GedenkenanHerbertA.Cahn,snr81(2002),pp. 4-6;Compte-Rendu49(2002),pp.119-126par lessoinsdeC.Boehringer. [33] W.FischerBossert,ObituarySilviaMani Hurter,ansMagazine8(2008),n°2,pp.52-54; S.Frey-Kupper,M.Peter&H.vonRoten, Zum Geleit :Silvia Mani Hurter (1933-2009), snr88(2009),pp.7-14.
Dans la deuxième moitié du xxème siècleseproduitlaséparationentrecollectionnisme et recherche scientifique. Pour la premièrefois dansl’histoirede la numismatique s’affirme, d’une manière claire, la figure de personnalités provenant du monde universitaire et quiconsacrentleursétudesàlanumismatique antique, grecque et romaine, sans posséder nécessairement une collectionpropre.Cessavantsmènentleur activité de recherche ou de conservationparlaproductiondetravauxscientifiquessurdesmonnaiesdecollections notamment publiques, ou reçues pour étude par des archéologues, des historiens et des fonctionnaires d’État en charge du patrimoine culturel, ou encore par des recherches autonomes. Ils poursuiventainsileurcarrièrescientifiqueàcôtédesconservateursdesdivers musées numismatiques européens et constituent aujourd’hui les acteurs les plus actifs au niveau du progrès de la recherche numismatique dans le domainegrec. Ce contexte nouveau est aussi le produitdesmutationsculturellesdestrente dernières années et de l’affirmation d’une nouvelle vision de l’étude de l’Antiquité.Fondamentale,àcepropos, estlaleçondeR.BianchiBandinelli[34]. Une nouvelle méthodologie s’instaure, selonlaquellelamonnaieestconsidérée dans le contexte historique duquel elle est issue, en mettant en relief sa fonction et sa valeur politique et économique;lamonnaieassumeainsilerôlede source primaire dans la reconstruction desdiversesphasesdelaviedansl’Antiquité. C’est une dimension nouvelle qui est attribuée à la monnaie : elle n’est plus considéréesousdescritèresesthétiques de matrice hégélienne, finalement très ________
[34] M. Barbanera, L’archeologia degli italia-
ni,Rome,1998.
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subjectifs, mais sous le critère de sa relationavecleterritoireetlescouches archéologiquesd’oùlapièceestrevenue àlalumière,ouaveclecontextemonétairequiavaitaccompagnésonenfouissement [35]. Cette nouvelle approche met au second plan l’exigence pour les savants de disposer, pour leurs études, d’une collection privée personnelle, la préférence allant vers l’obtention de moulages ou de photos de monnaies conservées dans les divers musées et collections publiques et privées. Leur activité est en outre facilitée de nos jours par la publication de catalogues bienillustrésdenombreusesventespubliques. De plus, l’avènement de l’outil informatique, en particulier Internet, a rendu beaucoup plus aisée la diffusion des images des monnaies aux fins d’étudesur,parexemple,laproduction d’unatelierdonné,lareconstructionde la séquence des coins, l’évolution des typologies,etc. Il s’agit d’une vraie «révolution copernicienne»,carlarecherches’estdéplacée auprès des universités et des cabinets numismatiques des principaux musées, au détriment des collectionneurs privés qui s’engagent de plus en plus rarement dans l’élaboration d’ouvragesdegrandeenvergure. Un autre élément a contribué aussi à cetteréorientationdelarecherchescientifique : il s’agit de l’introduction de l’euro et la disparition en Europe des frontièresdouanières.Lesengagements quelaSuisses’estvueobligéed’assumer àl’égarddel’Europeontconduitsinon à la fin, du moins à un rétrécissement notabledumarchénumismatiquedece pays. Celui-ci, délaissé par certaines ________
L. Breglia, Numismatica antica, Milan, 1964 ; R. Bianchi Bandinelli, Introduzione all’archeologia, Bari, 1975 ; M. Barbanera, RanuccioBianchiBandinelli:biografiaedepistolariodiungrandearcheologo,Milan,2003.
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maisonsdeventespubliquesdegrande renommée et dirigées par des savants bienconnus–dontcertainsavaientété même appelés aussi à exercer l’enseignement universitaire (comme c’est le cas déjà noté de Herbert Cahn) – est aujourd’hui géré par un personnel davantage attentif aux aspects de marché plutôt qu’aux études. Par ailleurs, il seraitaussiintéressantdeprêterdavantage d’attention à la relation entre collectionnisme et marché, mais cela irait au-delàdeslimitesdelaprésentenote. Pour essayer de comprendre le pourquoi d’un tel phénomène, il faudrait peut-être observer les mutations politiques et culturelles après la deuxième guerremondialeetsurtoutàlasuitede lacrisede1968.Danslecadredecellesci,larecherchenumismatiques’estfixé de nouveaux horizons et s’est enrichie de nouvelles acquisitions notamment pour ce qui est des aspects historiques et économiques ainsi que des répercussionsdenatureméthodologique.Ce sont ceux qui, en fin de compte, intéressentdavantagelorsquel’onétudiele monnayagegrec. Cette dichotomie semble devoir être attribuée à deux causes bien définies. L’une est représentée par le tournant que les études de numismatique grecque ont enregistré un peu partout en Europeparuneconcentrationprogressive de l’attention au niveau régional, l’intérêt des savants se portant de plus enplusverslesateliersetlestrouvailles delarégionoùilsviventetopèrent.On a pu mettre ainsi en relief les activités des ateliers dits mineurs, dont la production est très difficilement parvenue jusqu’aux grands médaillers européens ou américains et qui, par contre, revient àla surfacelors de fouilles–officielles ou non – dans les territoires environnants, surtout dans les régions méditerranéennes.
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L’autre cause tient au fait que la rechercheportedésormaisunintérêtprépondérantauxaspectshistoriquesetarchéologiques ; elle est devenue plus attentive aux lieux des trouvailles isolées oudesites,envuedepréciserlesattributions chronologiques et l’identification des ateliers d’émission, ce qui demeuretoujoursunbutfondamental. Un mouvement méritoire dans cette direction se retrouve chez les numismates grecs qui sont en train d’étudier les émissions des divers ateliers disséminés sur le territoire de la Grèce antique,ouchezlechercheuraustralien A. Sheedy pour ce qui est du monnayagearchaïquedesîlesgrecques[36]. En outre, on porte aujourd’hui une attention particulière aux dépôts monétaires (que l’on pense aux fascicules de CoinHoardsqui,en2010,ontatteintle nombrede10).Sicestrésorsarriventà parvenirsurlemarchéinternational,les collectionneurs en font très rarement l’acquisition pour en publier, par la suite, leur composition réelle. Il suffit de citer le cas du dépôt de Elmali (Lycia) de 1984, contenant 13 décadrachmes athéniens, qui n’a pas encore été publié complètement [37]. Dans toute la typologie de ces études, le recours aux collections s’est considérablement réduit et est devenu presquesans importance ; aussi la dimension des collections,engénéralmisesenventeanonymement dans l’une des nombreuses maisonsdeventespubliques,peutrévéler son utilité uniquement pour permettre de retrouver des exemplaires manquantsdansuneséquencedecoins, des variétés typologiques ou iconogra________
A.Sheedy,earchaicandearlyclassical coinagesoftheCyclades,Londres,2006. [37] chviii(1994),n°48;I.Carradice(éd.), Coinage and administration in the Athenian and Persian Empire, Oxford, 1987 (bar Int. Series343). BCENvol.48n°1,2011
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phiques. D’autre part, des ventes spécialisées de monnaies grecques subsistent encore (par exemple celle de monnaiesdebronzedesBrutii [38]oula collection bcd de monnaies d’Olympie [39]), mais le plus souvent avec des exemplaires inédits, parfois d’authenticité douteuse, ou avec la présentation des mêmes pièces qui passent d’une vente à l’autre. Il arrive parfois aussi que,lorsquedespiècesdecollectionde provenance certaine sont répertoriées dansdesouvragesscientifiques,ellesle sontdemanièreanonymeousontidentifiées par une simple lettre d’alphabet, sans aucune autre référence, rendant ainsinullelavaleurdocumentairedela citation[40]. À ce sujet, il a été souligné que «le commerceetlecollectionnismenumismatique entre la fin 1800 et les années 30 n’ont nullement fait l’objet d’une analyse appropriée» [41] et je voudrais ajouter que cette situation pourrait se référeràl’ensembleduxxèmesiècle. Les réflexions ici formulées n’ont donc l’ambition que de présenter seulement un bilan préliminaire de l’état des problèmes. Cette thématique semble d’ailleursdevenirunsujetd’actualitésil’on considère, par ex., les travaux récents deWalker [42]ouceluideRambachsur les ventes publiques et les collectionneurs [43], auxquels je me permets d’ajouteruneréflexionplusamplequej’ai ________
[38] AstaF.Semenzato,Venezia,29-30novembre1980. [39] Leu Numismatics, Coins of Olympia. e bcdCollection,Auctionn°90,10mai2004. [40] A.Travaglini,InventariodeiritrovamentimonetalidelSalento,Rome,1982. [41] C. Poggi, Appendice bibliografica, rin 103(2002),p.460. [42] A.S.Walker,CataloguesandtheirCollectors,ajn20(2008),pp.597-615. [43] H. Rambach, Collectors at auction, auctions for collectors, sm n° 238, juin 2010, pp. 35-43.
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présentée lors de la rencontre d’études sur le Corpus Nummorum Italicorum quis’esttenuerécemmentàRome[44]. C’estseulementverslafinduxixèmeet au début du xxème siècle que l’union entrecollectionnismeetrecherchescientifique va se scinder en directions toujours davantage distines. Mettant de côté le développement des recherches numismatiques par des universitaires ou par des conservateurs de musées, il faut admettre que de nos jours encore, des ouvrages fondamentaux pour nos recherchesrésultentdestravauxdecollectionneurséruditsdestempspassés.Il s’agit de personnes qui ont écrit des volumes de grande valeur scientifique, etquisesontforméesdemanièreautonome par l’observation attentive et l’analyse sévère des monnaies conservées dans leurs collections, jusqu’à devenir des experts incontournables pour un secteurouunatelierdonné. Cetaspect,assezrépandu,s’affirmeavec les transformations intervenues dans la méthodologie de la recherche numismatiquequi–àpartirdesannées30en EuropeetplustardenItalie–aplacéla monnaie au centre de la recherche archéologique et historique, établissant unlienétroitentrecelle-cietlelieude latrouvailleetlecontexterésultantdes fouillesarchéologiques. En outre – surtout avec l’introduction delaméthodedelaséquencedescoins proposée par Friedrich Imhoof-Blumer (1838-1920) [45] – la recherche est sou________
G. Gorini, Aspetti del collezionismo numismatico italiano nel ’900, dans S. Balbi de Caro(éd.),LacollezionediVittorioEmanuele iii di Savoia e gli studi di storia monetaria, Roma21-22ottobre2010,Atti(souspresse). [45] F.Imhoof-Blumer,DieMünzenAkarnaniens,zfn1878,pp.1-186etF.deCallataÿ, L’historique de l’étude des liaisons de coins (xviii e–xxesiècle),bsfn62(2007),n°4,pp. 86-92.
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mise à l’exigence de connaître le plus grand nombre possible d’exemplaires émisparunatelierdonné. Aujourd’huiencore,etsurtoutenItalie, ilarrivequedescollectionneursenpossession d’une pièce trouvée dans leur région ou acquise sur le marché non officiel, essaient de la publier avec une attribution ou une interprétation, souvent convaincante [46], ou que l’on procèdeàlapublicationdecollectionsprivéesd’envergureréduite,maisquiprésententtoutdemêmeuncertainintérêt pourlarecherche[47].Cetétatdefaitattestela persistance d’unerelation entre collectionneurs de monnaies grecques et savants. Il serait souhaitable qu’elle puissecontinueretmêmes’accroîtrede sortequelapossessiond’unecollection puisse s’insérer dans le processus plus ampledeclassementdemonnaiesantiques et modernes, déjà engagé depuis quelquesdécenniesetquiamaintenant atteintunbonniveau.Eneffet,lesdonnéesnumismatiques résultant descatalogues et listes de vente sont insérées dans des banques de données, comme celle de la sng, qui gèrent de manière informatiséetouteuneséried’informations au sujet des exemplaires pris en compte, sur les collections privées et leurformation.Cesdonnées–quiconfirment la richesse et la spécificité des collections numismatiques européennes, tant publiques que privées – inséréesdansleréseauInternet,deviennent accessibles au plus grand nombre de chercheursetpermettentunplusgrand développementdenosétudesetdenos recherches.
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V. par exemple les travaux de L. Lazzarini, Un emistatere inedito di Sibari, rin 103 (2002), pp. 15-19; id., in Temi selinuntini, C.AntonettieS.DeVido,éds.,Pise,2009. [47] P. Attianese, Petelia. La collezione Luigi E.Romano,SoveriaMannelli,2003. BCENvol.48n°1,2011
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